portant sur les recours faisant suite aux rendez-vous de carrière de la dernière année scolaire
Ce 27 janvier, la CAPA examinait les recours ultimes des professeurs titulaires du second degré (certifiés, y compris d’EPS, agrégés, PLP). Lors de la dernière année scolaire, 856 collègues avaient eu un rendez-vous de carrière effectif, 26 rendez-vous en revanche n’avaient pu être honorés, pour des raisons médicales essentiellement. Comme nous sommes dans une académie voulue et non dans une académie de néo-titulaires, il est logique que la majorité relative de ces rendez-vous (42,5%) portent sur le troisième rendez-vous, au 9ème échelon.
Avant cette CAPA, à l’automne, le Rectorat avait examiné 63 recours gracieux, soit 7,3 % des collègues inspectés l’an dernier, ce qui ne signifie en rien que 93 % des professeurs validaient l’avis final de la Rectrice ; beaucoup de gens n’osent pas se lancer dans ce parcours du combattant de la revalorisation de cet avis, désabusés le plus souvent, lucides parfois sur l’évaluation à laquelle ils ont droit.
Les chiffres étaient à peu près comparables lors de l’année scolaire 2023-2024 : il y avait eu alors 796 RV de carrière, 22 recours en CAPA, pour la plupart demandés par des collègues ayant eu un avis « Très Satisfaisant ».
Cette année, sur les 63 recours gracieux, un tiers (22) avait obtenu satisfaction ; parmi les 41 restants, 15 s’étaient découragés, et 26 étaient allés jusqu’à la CAPA Recours, alors qu’ils n’étaient que 11 il y a quatre ans.
Une fois de plus, la majorité des recours (19 sur 26), soit 73 %, portaient sur des collègues qui visaient un avis excellent. 7 collègues ont été revalorisés lors de cette CAPA, mais les trois collègues ayant été rétrogradés lors de ces rendez-vous de carrière n’ont pu être « repêchés » en CAPA.
Enfin, si l’on est optimiste, on peut dire que cela vaut le coup de faire des recours, puisque si j’ajoute les 7 heureux gagnants de cette CAPA aux 22 qui avaient obtenu satisfaction grâce aux recours gracieux, 29 collègues sur 63, soit 46 %, ont vu leur avis revalorisé. Si l’on est plus pessimiste, on peut s’interroger sur la pertinence de cette CAPA qui devrait réparer des injustices ressenties par des collègues qui se sentent profondément lésés dans leur carrière. Or, en ne revalorisant que des collègues qui étaient au préalable « Très Satisfaisants », on fait certes gagner un an à ces derniers pour leur futur passage à la hors-classe, mais on ne répare guère une injustice : aucun des 4 collègues ayant fait un recours gracieux pour annuler l’infamant avis « à consolider » n’a pu obtenir satisfaction, pas même en CAPA. Ces derniers ont donc de grands risques que leur future pension de retraité soit calculée sur le traitement d’un « Classe normale ».
Stéphane Goutiers
Commissaire paritaire académique des professeurs titulaires du second degré
